LA DANSE DES MASQUES

Publié le par Michèle Demain

                          Une fois par an, dans certaines régions du pays, on "fait sortir" les masques,c' est l' occasion d' ouvrir le grand livre d'histoire, celui des traditions et de la culture ancestrale, deux valeurs phare, auxquelles personne ne souhaite renoncer, à quel titre d' ailleurs le feraient ils ?undefinedundefined
                                          Histoire à faire peur, mais si attrayante, devenus adultes, les enfants racontent, nous livrant ainsi de précieux moments de leur enfance.undefined
                                     Nous aimions aller à la danse et particulièrement la danse des masques.Tout en les aimant, nous les redoutions, car certains, nous poursuivaient ou nous effrayaient, simplement par leur accoutrement.undefinedundefined
                                    C' était des masques de manifestations publiques, et non ceux des sectes occultes, qui n' étaient visibles que par les adeptes et les initiés. Il y avait le masque des Baoulés, beau, agile dans son costume de raphia, danseur de talent, il nous poursuivait avec une agilité de gazelle.undefined

                                      En règle générale, les enfants adorent et redoutent à la fois, ce qui leur fait peur, l' onde de frayeur qui parcourt leur corps en ces occasions, en devient délicieuse, c' est le jeu du" cou-cou, fais moi peur!!!".

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                                     L' élégant échassier des Yacouba, qui dansait avec une grâce féminine et se déplaçait à pas de géant, le terrifiant masque des Guéné, qui semblait souffrir, sous le poids de ses ôripeaux, et beaucoup d' autres encore, sympathiques ou lugubres, constituaient la grande galerie, qui nous terrifiait et en même temps nous subjuguait. Nous étions les victimes consentantes de cette séduction.undefined
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                                       Nous tremblions de peur devant ces séances qui nous semblaient diaboliques, ou les chants et les roulements du tam- tam, accusaient l' atmosphère incantatoire. Le plus étonnant, c' est que nous ne pouvions nous en aller de ces lieux, qui, cependant nous terrifiaient.
                                      Nous surveillions les moindres gestes des masques et dès qu' ils se hasardaient de notre coté, nous détalions.undefined

                                       Nous courrions parfois des dizaines de mètres avant de nous apercevoir que personne ne nous poursuivait.

                                    Essoufflés, nous revenions prendre place parmi les spectateurs, prêts à fuir encore.undefined
                                       Ces journées agitées, ne se terminaient pas toujours gaiement.Nous rentrions parfois à la maison avec une plaie saignante ou une bosse, ou encore avec les vêtements en loques. La peur " Frisson de plaisir" avait un prix.undefined
                                           Mais si nous aimions être effrayés par les masques, faire peur, nous passionnait également. Les enfants des autres groupes et les grandes personnes étaient nos victimes.Faire peur à une grande personne, nous tentait énormément.undefinedundefined
SOUVENIRS  PLAISIRS  ET  FRAYEURS  D' ENFANTS!!

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sylvie 21/02/2008 16:07

je reviens sur tes masques et les danses ancestrales. Le thème du feu est mis à l'honneur pour notre fête de fin d'année (me demande pas pourquoi, je prends le train en marche. je sais que dans ces danses les éléments naturelles sont souvent la source d'inspiration de la culture africaine. peut-être que le village pourrait nous transmettre quelques représentations? Histoire de travailler sur du vrai!

LV 20/02/2008 01:26

Beau reportage qui nous apporte beaucoup et nous permet de prendre du recul sur nos société marchands sur "la tête".
Je reviens d'un mois du Sahara passé avec les Touaregs Berbères, c'était un mois de bonheur, de gentillesse, de complicité, d'échanges et de partage.
Nos pays si riches monétairement parlant n'ont pas de leçon à donner mais plus à emprunter sans dépouiller, dans le respect mutuel.
Amicalement

sylvie 16/02/2008 21:20

La transmission naturelle de l'histoire, des histoires quand elle ne se fait plus...n'est-ce pas le déclin d'une civilisation?

badadi 16/02/2008 19:50

Très belle histoire que celle de ces masques qui m'auraient moi aussi un peu effrayé, mais il est vrai que lorsqu'on est enfant on est souvent un peu attiré par cette peur qui donne les frissons.
Que tes histoires sont jolies et bien racontées.
Merci de nous faire connaitre tout ça.

patriarch 15/02/2008 10:18

J'aurais bien aimé y assister. J'ai toujours aimé les grands frissons !!

Belle description avec ne plus illustrations. merci !!